[SAMEDI 08 AOÛT 2026]

De profonds grooves provocateurs pour mieux vivre l’instant présent
An Pierlé, piano, composition / Koen Gisen, clarinette, sax / Hendrik Lasure, synthé / Casper Van de Velde, batterie
« Sais-tu ce dont l’être humain a besoin en 2024 ? Moins de regrets. Moins de faux-semblants. Moins de peur. Et le courage de vivre l’instant présent. » An Pierlé chante tout cela avec la sagesse d’une femme qui n’a plus besoin d’être une jeune fille. An Pierlé Quartet (APQ) est de retour avec un deuxième album sur le prestigieux label W.E.R.F. : Ultimate Survival. Les grooves sont encore plus profonds, les textes encore plus provocateurs. Cela tient en partie au tournant qu’a pris la vie de la chanteuse-pianiste. La maladie avec un grand C a été conjurée, et depuis, la prise de conscience qu’il vaut mieux profiter de chaque jour est d’autant plus pressante. Mais Pierlé ne laisse pas une telle noirceur dominer le nouvel album : le titre ne fait pas référence à cette période ; il lui a été offert par l’artiste Patrick Van Caeckenbergh, qui a conçu la pochette. « Au début, cela m’a fait penser à un jeu comme Mortal Kombat, mais il a puisé son inspiration dans un vieux livre sur les animaux qui prennent soin d’autres espèces. C’est ce dont nous avons tous besoin aujourd’hui. »
Le premier single, « The Sting », donne le ton : une chanson sur l’acceptation des bêtises que l’on commet parfois, contre toute raison. « Daybreak » célèbre la libération que procure le fait de pouvoir repartir à zéro, tandis que « Make Believe » gratte les filtres des réseaux sociaux. Tantôt interprété avec une chaleur rauque, tantôt avec les envolées virtuoses d’une voix qui refuse de rester ancrée dans le passé – et évite la légèreté comme la peste. « Ultimate Survival » est un album expérimental qui vous emporte sur les vagues d’un récit. « Sauve ta peau » résume à la fois les textes et les concerts de l’An Pierlé Quartet. Car si cet album n’est peut-être pas du jazz classique, il n’en reste pas moins l’œuvre d’un véritable groupe de jazz – le lien avec le dernier album de David Bowie, Blackstar, n’est jamais loin. Avec le claviériste Hendrik Lasure et le batteur Casper Van de Velde (connus ensemble sous le nom de schntzl), l’APQ compte dans ses rangs pratiquement le noyau dur de la New Wave of Belgian Jazz. Le parrain de cette vague de jazz est le producteur et saxophoniste Koen Gisen. « Casper et Hendrik sont de classe internationale », déclare Gisen. « Ce qui est magnifique, c’est qu’ils ne jouent jamais deux fois la même chose, même en studio. Cela fait d’Ultimate Survival un pur instantané. En live, cela donne lieu à une merveilleuse déviation, sachant que grâce à ces deux-là, tout finit toujours par retomber sur ses pattes. » Pierlé : « Nos garçons ont aussi une âme vieille. Et c’est précisément pour cela qu’ils sont nos mentors, plutôt que l’inverse. Pour choisir l’aventure. Et vivre dans le présent. »